Quel avenir pour l’essor de l’Open Finance en France ?

En France, l’Open Banking laisse progressivement place à l’Open Finance, qui se développe à vitesse exponentielle. Offrant de nombreux avantages aux particuliers et aux entreprises, l’Open Finance est un phénomène plein de promesses et d’opportunités encore insoupçonnées.
Tour d’horizon du marché et des tendances de fond.

L’Open Finance prend le dessus sur l’Open Banking

Grâce à l’ouverture des données rendue possible par l’Open Banking, des services financiers innovants répondant à de réels besoins du marché ont vu le jour. Toutefois, ces données qui proviennent des comptes de paiement ne suffisent clairement pas. C’est là que l’Open Finance entre en jeu, apportant l’ensemble des données financières au lieu de se contenter des données de comptes de paiement : données en provenance des comptes d’épargne (à court, moyen et long terme), des contrats d’assurance-vie, des comptes titres, des contrats d’épargne et retraite, des crypto-monnaies, etc.

Bien que de nombreux acteurs considèrent qu’il s’agit de la prochaine étape de l’Open Banking, le phénomène est en réalité présent depuis plusieurs années, et les usages ne cessent de se multiplier. En effet, nos résultats montrent que 60% des 2,7 millions de comptes bancaires synchronisés par les utilisateurs de nos clients sont hors DSP2 !

Ce qui se cache derrière la révolution de l’Open Finance

Une technologie innovante, même la plus prometteuse, a-t-elle un intérêt si elle n’est pas exploitée et ne trouve pas d’utilité concrète dans la vie quotidienne ?  L’innovation ne peut se réduire à un simple saut technologique ; elle n’a de sens que si elle apporte une valeur ajoutée en répondant de manière pragmatique à un besoin utilisateurs identifié. Aujourd’hui, ces technologies d’Open Finance offrent aux particuliers et aux entreprises de nombreuses possibilités, notamment de :

  • Mieux gérer son argent, dépenser judicieusement ou épargner davantage ;
  • Calculer son empreinte carbone en fonction de ses dépenses ou de ses habitudes de consommation par exemple ;
  • Financer des projets à long terme en épargnant intelligemment et automatiquement ;
  • Améliorer son pouvoir d’achat en bénéficiant d’un cashback automatique sans même avoir à y penser ;
  • Assurer la pérennité des entreprises grâce à des solutions de prévision de trésorerie ;
  • Echanger, payer et se faire payer plus facilement avec une sécurité maximale et une réduction des dépenses ;
  • Accéder à des crédits pour réaliser ses projets même si les dossiers ne remplissent pas toutes les conditions ;
  • Piloter la gestion de son entreprise, du rapprochement comptable au paiement des fournisseurs, en passant par le paiement des salaires, grâce à des acteurs du Banking as a Service (Baas) tels que Spendesk et Treezor. Le BaaS est un véritable levier de croissance de l’Open Finance. En France, les acteurs se multiplient, inspirés par le modèle économique de Solarisbank en Allemagne, donnant du pouvoir aux fintechs et autres entreprises.

Les utilisations ne se limitent pas à la récupération des données liées aux comptes de paiement. Les entreprises de la tech comme Budget Insight peuvent répondre à des besoins de nombreux marchés, au-delà de l’écosystème financier. Par conséquent, la capacité à récupérer tous les actifs financiers est cruciale, et le champ des possibles est presque infini.

La confiance qu’accordent les acteurs du marché aux technologies, de plus en plus complètes et innovantes, est sans aucun doute le meilleur témoignage que nous pouvons recevoir. Toutefois, ce succès suit un chemin semé d’embûches.

En ce qui concerne l’Open Banking, la DSP2 a clarifié la légitimité des technologies liées aux comptes de paiement, mais cela reste insuffisant. Les “autres types de comptes” ont été oubliés alors qu’ils sont essentiels pour la plupart des usages, y compris les cas d’usage historiques de gestion des finances personnelles. Comment promettre une vue à 360 degrés des actifs financiers d’une personne et des conseils précis si nous ne fournissons qu’une version très partielle de sa situation financière ? C’est tout simplement impossible.

Comme souvent, la réglementation est à la traîne et vient en réaction à des innovations qui existent déjà depuis plus de dix ans. Avec le droit à la portabilité apporté par le RGPD, ce qui n’est pas couvert par la DSP2 peut l’être, mais contrairement à la DSP2, il n’existe aucune obligation de fournir des API pour récupérer les données d’autres comptes. Même constat pour la CNIL, l’autorité française de protection des données, qui pose les principes d’un mandat d’utilisation des données personnelles, mais qui n’expose pas de conditions pratiques et techniques. L’absence de norme technologique représente un frein à notre activité, tandis que le web scraping reste fiable et permet de faire naître de nouveaux cas d’usage.

Certaines banques françaises sont conscientes de la nécessité de récupérer l’ensemble des données. C’est pourquoi elles envisagent d’intégrer ces données dans leur API DSP2 ou de faciliter l’accès à ces autres données par d’autres moyens techniques, mais cela reste à la marge.

Percer le brouillard pour avancer vers l’Open Data

J’ai pour conviction que nous devrions suivre l’exemple du Berlin Group, qui a commencé à travailler sur la norme appelée “openFinance API framework”. L’objectif est de tirer parti des investissements dans la technologie et l’infrastructure du framework API NextGenPSD2 et d’offrir des services, des produits et des informations encore meilleurs qui profiteront aux acteurs du marché et amélioreront davantage l’expérience client. Le travail du Berlin Group apporte des extensions normalisées au-delà du champ d’application réglementaire de la DSP2, ce qui permet aux TPP (third-party providers) d’accéder aux comptes bancaires pour des services commerciaux premium et des données enrichies.

En étendant l’accès aux données financières des consommateurs à des sources de données plus larges et à des types de comptes supplémentaires, les TPP pourront développer de nouvelles technologies et permettre ainsi aux utilisateurs finaux de choisir activement les produits et les services qui offrent la valeur ajoutée dont ils ont besoin.

Lorsque des services innovants répondront à des besoins évidents, la réglementation s’adaptera. Cela prendra un certain temps, mais la finalité est connue. Tout le monde détient ses propres données, qu’elles soient financières ou non, et nous entamons très clairement notre entrée dans l’ère de l’Open Data, avec le même objectif : donner du pouvoir aux consommateurs et aux entreprises. 

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